Nous perdons nos dents, devons faire face à des tsunamis, tentons d’échapper à un danger sans pouvoir hurler… Les cauchemars perturbent le sommeil de certains d’entre nous. Ils nous réveillent au milieu de la nuit et nous laissent dans un état de peur et d’angoisse qui nous poursuit parfois pendant plusieurs jours. D’où viennent ces mauvais rêves et pourquoi certains cauchemars nous marquent-ils si profondément ?

L’origine des cauchemars

Pourquoi faisons-nous des cauchemars ?

Si les cauchemars peuvent être spontanés, ils sont généralement engendrés par des facteurs psychologiques comme l’anxiété ou la dépression.
Toutefois, l’angoisse n’est pas la seule source de nos mauvais rêves. De mauvaises habitudes alimentaires, et notamment le fait de grignoter tard le soir, peuvent aussi contribuer à la survenue de cauchemars. Manger des aliments riches en glucides dans les dernières heures de la soirée peut engendrer une augmentation de l’activité cérébrale et perturber le métabolisme.

Certains médicaments, notamment ceux qui influent sur les neurotransmetteurs (antidépresseurs, narcotiques ou barbituriques), favoriseraient eux aussi l’apparition de cauchemars, à l’instar du sevrage de certains médicaments. Si vous faites des cauchemars depuis que vous suivez un nouveau traitement, n’hésitez donc pas à en parler avec votre médecin.
L’apnée du sommeil, un flux sanguin au débit trop important peuvent également favoriser la survenue de mauvais rêves.

Comment les cauchemars surviennent-ils ?

C’est durant les phases de sommeil paradoxal que surviennent les rêves. Mais lorsque ces phases de sommeil profond sont perturbées, par un événement extérieur, un bruit, un inconfort, les rêves peuvent se transformer en cauchemars.
Souvent, un événement récent détermine le sujet de nos cauchemars. Cet événement nous ramène à un souvenir, une angoisse, que notre inconscient exprime lorsque nous lâchons prise durant notre sommeil. Il arrive ainsi que les mêmes cauchemars se répètent tout au long de la vie d’une personne.

Que se passe-t-il dans notre cerveau quand nous cauchemardons ?

Le sommeil paradoxal se produit toutes les 90 minutes environ durant la nuit. Il est associé à une activité cérébrale importante, des mouvements rapides des globes oculaires et une activité motrice volontaire inhibée.
L’amygdale, régulée par les lobes frontaux du cerveau, semble être impliquée dans la formation des cauchemars. Celle-ci est en effet très active durant les phases de sommeil accompagnées de REM, « Rapid Eye Movement » en anglais. Il s’agit d’un mouvement alternatif des globes oculaires, un phénomène accompagnant les rêves lors des phases de sommeil paradoxal.
« Le cauchemar survient lorsque nous pensons à des situations difficiles durant un mouvement oculaire rapide et essayons de les démêler » explique Lauri Quinn Loewenberg, analyste des rêves, au Medicaly Daily. « Nous essayons souvent d’ignorer nos problèmes en nous distrayant durant la journée. Mais quand nous sommes contraints de rester seuls dans notre propre tête, nous devons aborder ces problèmes ».

Pourquoi certains font des cauchemars et d’autres non ?

La plupart des jeunes enfants font des cauchemars, et une poignée de la population adulte (une étude menée par l’American Academy of Sleep Medicine (AASM) indique que seulement 2 à 8 % de la population adulte est régulièrement en proie à de mauvais rêves.) continue de voir ses nuits perturbées par ces épisodes de terreur. Mais pourquoi certains d’entre nous sont-ils plus enclins à cauchemarder que d’autres ?
L’âge, la personnalité et les différents traumatismes que nous avons vécus ont une influence sur notre capacité à faire de mauvais rêves.
Les personnes les plus sensibles mais aussi très créatives, à l’instar de celles ayant tendance à fuir à tout prix les conflits, seraient plus disposées à faire des cauchemars que les autres, en raison de leurs difficultés à faire des choix et résoudre leurs problèmes.

Les cauchemars des enfants

Les jeunes enfants, surtout entre l’âge de 2 ans et 6 ans, voient souvent leurs nuits agitées par des cauchemars. Comme chez les adultes, ces mauvais rêves peuvent survenir pour diverses raisons, le visionnage d’un film effrayant, un stress à l’école ou à la maison, ou encore le décès d’un proche…

Les terreurs nocturnes, lors desquelles l’enfant est très agité et peut parfois se mettre à hurler et pleurer, peuvent aussi être provoquées par un manque de sommeil, lorsque l’enfant s’est couché trop tard ou que ses horaires de lever et de coucher sont trop irréguliers. Elles sont à différencier des cauchemars même si leurs manifestations et conséquences sont souvent similaires.

La signification de nos cauchemars

Nos rêves sont souvent liés à des traumatismes enfouis. De la même manière que nos expériences façonnent notre personnalité, elles influent sur nos rêves.
Une étude menée en 2014 par l’Université de Montréal a analysé plusieurs centaines de cauchemars et identifié des thèmes prédominants parmi lesquels la mort, la maladie et les menaces. Des résultats qui viennent confirmer une précédente enquête menée en Allemagne et ayant identifié 5 thèmes principaux : tomber, être poursuivi, être paralysé, être en retard et faire face à la mort d’un proche.

Des rêves morbides peuvent survenir lorsque nous sommes confrontés à une nécessité de mettre fin ou de changer quelque chose dans notre vie. L’angoisse de l’abandon que connaît chaque humain est elle aussi souvent la source de nos cauchemars.

Nos rêves ne doivent pas être interprétés au pied de la lettre mais au regard des situations auxquelles nous sommes confrontés, des traumatismes que nous avons vécus, de nos désirs et peurs enfouis.

Peut-on éviter les cauchemars ?

Eviter les cauchemars n’est pas toujours possible. Mais certaines astuces peuvent contribuer à les limiter. Commencez par adopter une bonne hygiène de sommeil. Votre environnement et vos habitudes de sommeil doivent être optimaux pour vous permettre de bénéficier de nuits suffisamment longues et véritablement réparatrices. Votre chambre doit être fraîche, sombre et calme. Les écrans doivent en être bannis à partir d’une certaines heure. Evitez en outre la caféine, l’alcool et les aliments trop lourds et épicés, connus pour perturber le sommeil.

Adopter un rythme de sommeil régulier, avec des heures de coucher et de lever, contribuera à préserver votre horloge biologique. Un peu d’exercice chaque jour, une exposition à la lumière quotidienne et des séances de relaxation le soir vous aideront à vous débarrasser de votre stress au moment de vous coucher.

Huiles essentielles, yoga, méditation… Si vos cauchemars sont liés à un stress, différentes techniques peuvent vous aider à réduire le rythme de leur apparition en apprenant à maîtriser vos angoisses. La relaxation musculaire est ainsi conseillée par l’AASM pour lutter contre l’apparition de cauchemars.
Quant à l’angoisse qui nous accompagne souvent durant la journée suivant un mauvais rêve, les psychologues conseillent d’en parler ou d’écrire pour parvenir à l’évacuer.